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Reprendre le pouvoir ou s'en déprendre ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Transitio   
Dimanche, 23 Mars 2014 17:59

 

 

J’ai reçu cette semaine un sympathique message du mouvement des Colibris m’invitant à reprendre le pouvoir !


Voici un extrait de leur message, auquel je ne peux que souscrire :

« L’engagement citoyen ne se limite pas au vote et aux élections. Par nos actions individuelles et collectives sur nos territoires, par l’expérimentation de modes de gouvernance novateurs, par les ICE, nous pouvons vivifier la démocratie ! Plein d'autres pratiques remarquables existent : tirage au sort, référendum populaire, budget participatif, unions de quartiers… »

Je vous invite à découvrir le mouvement des Colibris si vous ne le connaissez pas, en visitant leur site : Mouvement des Colibris.


Reprendre le pouvoir ?

Quel programme me suis-je dit ! Mais l’avons-nous seulement eu un jour ? Et que deviendrons-nous lorsque nous l’aurons obtenu ? Des gens ayant du pouvoir ? Sur qui alors ? Sur d’autres gens voulant reprendre ce pouvoir ?

Et si le pouvoir était la clé du problème ?

En cette période d’élections, je me suis demandé pourquoi nombre d’élus semblaient changer de personnalité lorsqu’ils accédaient à leurs fonctions.


Il m'arrive d'avoir de drôles d'idées...

Curieusement, je me suis souvenu de l’expérience de psychologie expérimentale de Stanford menée par Philip Zimbardo en 1971 (Aussi appelée "Effet Lucifer").

Celle-ci devait se dérouler sur deux semaines. Les sujets (tous étudiants) ont été amenés à participer à un jeu de rôle. Un quartier de détention, plus vrai que nature, avait été construit dans les sous-sols de l’Université de Stanford pour les besoins de l'expérience. Les sujets ont été recrutés par voie de presse via le journal local. L'annonce promettait une rétribution financière de 15 dollars par jour pour les participants. Sur 70 candidats, 24 ont été retenus suite à la passation de tests psychologiques. Les 24 sujets étaient tous en excellente conditions physique et mentale et étaient issus de différents milieux et de divers endroits. Au hasard, la moitié d'entre eux a été choisie pour jouer les rôles de prisonniers et l'autre moitié, les rôles de gardiens de prison.

Quand l'expérience a démarré, les 12 sujets, qui jouaient le rôle des prisonniers, ont été arrêtés à leur domicile, alignés devant une voiture de police, menottés, fouillés et conduit à la prison.

Les gardiens devaient mener les prisonniers au sous sol de l'université et rester avec eux.

Sitôt arrivés, les prisonniers ont été déshabillés et enduits d'une lotion antiparasites. Chacun recevait ensuite une casquette visant à dissimuler ses cheveux ainsi qu'une blouse qu'il devait porter sans sous vêtements. Ils étaient ensuite conduits à leur cellule.

A l'inverse, les 12 sujets qui jouaient le rôle des gardiens de prison reçurent un uniforme, des lampes de poches, des lunettes de soleil et, bien sûr, l'autorité sur les prisonniers.

 

Certaines personnes ont craqué au bout de quelques jours. Et l'expérience a dû s'interrompre au bout de six jours !

En fait, les prisonniers se sont révoltés et les gardiens ont immédiatement répondus par la répression. Ils ont privé de nourriture ceux qui en demandaient et inversement ont forcé à manger ceux qui s'engageaient dans une grève de la faim. Ils soumettaient les prisonniers à toute sorte de sévices physiques : brimades et vexations. Ils allèrent jusqu'à les priver de sommeil, confiner certains d'entres eux à l'isolement total, leur faire nettoyer les toilettes à mains nues ou encore obliger d'autres à uriner dans un sceau.

Les résultats montrèrent que les prisonniers devinrent rapidement apathiques.

L'auteur ne pensait pas que cela pouvait se passer dans une situation de jeu et les résultats allèrent bien au delà de ses attentes.

 

Cette expérience a montré que c'est la définition de l'environnement social qui structure les conduites et les perceptions, et ce,  jusqu'à un point que nous sous-estimons...

 

Cette petite vidéo d'Arte vous présente l'expérience de Stanford et fait un rapprochement avec ce qui s'est passé dans la prison d'Abou Ghraïb.

 

 

Quel rapport avec le pouvoir politique ?

 

Peut-être que cette expérience vous rappelle celle de Milgram sur l’autorité ? Mais ce n’est pas à cela que je pense en évoquant celle de Stanford.

Je pense que le rôle qui vous échoit dans la société, que vous l’ayez choisi ou non, conditionne votre comportement. Ainsi ces étudiants qui jouaient à être des gardiens de prison ont fini par se comporter comme ils imaginaient être des gardiens de prison.

Contrairement à ce que dit le vieux dicton connu de tous : "L’habit fait le moine !".

Et pas seulement l’habit ! Le décor également !

Comment ne pas finir par se comporter comme un monarque, lorsque la fonction à laquelle le suffrage populaire vous a élu, vous oblige à vivre dans des palais ornés de toutes les luxueuses marque du pouvoir absolu ? (marbre, dorures, tableaux, etc.)

Comment ne pas finir par croire que si l’on se retrouve là après avoir été élu, c’est parce que l’on a un destin, une mission ? Comment ne pas croire, consciemment ou non, que l’on n’est pas seulement un élu, mais l’élu ?

Combien d’hommes politiques auraient la force de caractère et l'intégrité d’un Lucius Quinctius Cincinnatus pour retourner comme lui labourer nu son champ, après avoir eu le pouvoir absolu ?

Le rôle qui vous échoit, le costume qui vous pare, le décor qui vous entoure, et vous voilà autre…


Voila probablement pourquoi l’oligarchie perdure de siècle en siècle, quelque soit le régime politique...

 

 

Se déprendre du pouvoir...

 

J'étais perdu ce matin dans ce genre de réflexions, lorsque je suis tombé en parcourant Facebook, sur une vidéo de l'inclassable Etienne Chouard, ce professeur qui défend avec ardeur l'idée d'une démocratie par tirage au sort. Voici le lien vers son site : Le Plan C : Instituer une vraie démocratie par une Constitution d'origine Citoyenne.

Dans cette courte vidéo, Etienne Chouard parle de la drogue du pouvoir, celle qui transforme les gens.

 

 

Je pense qu'il n'est pas loin d'avoir raison. Je doute cependant que cette addiction au pouvoir puisse disparaître. Tout au plus pourrions-nous imaginer des solutions pour atténuer l'ivresse qu'il donne à nos cerveaux de primates, conditionnés depuis des millénaires à la soumission aux mâles dominants.

  • Désacraliser les fonctions politiques ?
    • Faire travailler nos présidents, ministres et sénateurs dans des immeuble de bureaux et non dans des palais ?
    • Supprimer voitures et appartements de fonctions ?
    • Des mandats plus cours et révocables immédiatement en cas d'incompétence ou de faute ?

 

 

Rien de nouveau hélas...

 

Cette nocivité du pouvoir n’est hélas pas une découverte récente (je sais rester modeste) Wink.

Machiavel, au début du XVIème siècle, a écrit dans son célèbre ouvrage politique "Le Prince" : "Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument ".

 

 

Post Scriptum :

La psychologie sociale vous intéresse ? Visitez l'excellent site Psychologie-Sociale.com

Mise à jour le Lundi, 23 Juin 2014 09:03
 

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