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Religion ? Non merci ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Transitio   
Mercredi, 26 Novembre 2014 22:24

 

 

Préambule


Le saviez-vous ? Les athées sont menacés de mort dans 13 pays. Dans 55 états, la critique ou l'offense de la religion est pénalement poursuivie. Parmi ces états, 39 punissent l'athéisme de peines de prison ! Aux Etats-Unis, dans certains états, les athées sont interdits d'accès à des emplois publics et en cas de divorce l'athée perd la garde des enfants !

Voila pourquoi l’américain Todd Stiefel a lancé et financé cette année l’Openly Secular Coalition, qui vient de déclarer la guerre aux Constitutions locales discriminatoires.  Je vous conseille vivement de lire l’article publié par Hélène Crié-Wiesner dans son blog "American miroir" sur Rue89. Elle y évoque la situation des laïcs aux USA et elle explique comment la reconnaissance de leurs droits constitue un nouveau combat pour les droits civiques dans ce grand pays si exagérément religieux.

Voici le lien : "Légalement discriminés aux Etats-Unis, les athées se rebellent"

Todd Stiefel explique qu’il ne veut pas "spécialement détruire la religion, mais simplement que l’on reconnaisse le droit à l’absence de religion".

La vidéo ci-dessous dresse un constat assez clair de l'athéisme dans le monde :

L'Athéisme, quatrième "religion" du monde par courrierinternational

 

Je partage le souci de ce brave homme. Raison pour laquelle, en cette époque troublée où seuls les intolérants sont tolérés et où l'obscurantisme semble vouloir de nouveau étendre son voile de ténèbres un peu partout, l'idée m'est venue d'écrire l'article qui suit ! Ca n'a pas été facile, "croyez-moi"...

 

Vous êtes sur Transitio ! Alors bonne lecture ! Wink

Religion ? No thanks !
Transitio offre ce badge aux plus courageux d'entre-vous !

 

 

Précaution,...

Extrait de la déclaration d'Oxford d'août 2014 sur la liberté de pensée et d'expression :

"Il n'y a aucun droit de ne pas être offensé ou de ne de pas entendre des opinions contraires. Le respect de la liberté de croyance des gens n’implique aucune obligation ou d'exigence de respecter ces croyances."

 

 

Mise en condition

(Nous allons commencer doucement)


Avant que vous n'entrepreniez la courageuse de ce long article, je vous propose d’écouter, non-pas religieusement, mais avec la plus grande attention, cette magnifique chanson d’Alain Souchon : "Et si en plus y a personne !"...

Désolé pour l'inévitable pub et toutes mes excuses aux amis étrangers qui n'entendent pas le français (les paroles se trouvent ici).

 

 

 


(Nous entrons dans le vif du sujet)


Les fêtes de fin d’année approchant, Transitio vous fait présent de cette bonne nouvelle : "Dieu n’existe pas !".

Mais vous aurez quand même des cadeaux à Noël ! (L'antique fête du solstice d'hiver)


N’est-ce pas là une formidable nouvelle ? On arrête les tueries et les âneries. Celles-ci, aussi atroces où ridicules qu’elles puissent être, sont totalement inutiles ! (Sauf si on aime "zigouiller" les gens comme s'interroge Alain Souchon dans sa chanson)


 

Oui, je sais que ça fait un choc !

 

Ce n'est pas un scoop.


Non, ce n’est hélas pas un scoop ! Certains esprits forts l’avaient déjà deviné, et ce, dès la plus haute antiquité !

Dès le 4ème siècle avant notre ère, Diagoras de Melos avait déjà le courage de se revendiquer athée ! Quant à Epicure de Samos, plus prudent, il voulait bien concéder que les dieux puissent exister, mais il était convaincu que ceux-ci ne se préoccupaient aucunement des hommes !


Depuis des siècles, il suffit en effet de s’intéresser vraiment de près aux cultes en vogues pour découvrir sans trop de difficultés le peu de sérieux de ce qui les constitue. Peut-être me rétorquerez-vous que du temps des Grecs, c’était facile, avec leurs dieux trop humains qui se comportaient comme les personnages d'une opéra bouffe d'Offenbach, mais qu’avec les religions du livre, c’est autre chose !?

L'antiquité grecque et ses dieux fantoches, vue par Jacques Offenbach. Un extrait de l'opéra bouffe, "La belle Hélène" : "Au cabaret du labyrinthe" (J'ai mis du temps à vous le trouver celui-là !) Wink

 

 

 


Les religions du livre ?

 

Mais parlons-en chers amis ! Lisons-le ce livre, ou ces livres !


Ce n’est pas pour rien que la religion catholique a interdit pendant des siècles à ses fidèles de lire la bible et qu’elle a même évité de leur apprendre à lire, ce qu’un enfant de 4 ans peut faire en quelques semaines (et que l'école détruit en quelques mois).

La découverte de l’imprimerie par le fameux Gutenberg a failli être fatale pour le catholicisme. Mais les livres imprimés furent encore rares et chers suffisamment longtemps pour que le petit peuple soit protégé du savoir encore quelques siècles ! Le seul effet indésirable résultant de l’impression d’un grand nombre d’exemplaires de la bible, fut le protestantisme...

Il y avait déjà eu des tentatives de réformes dans les siècles précédents, mais aucune n’avait bénéficié d’un média aussi efficace que l’imprimerie. Luther et Calvin doivent leur grand succès à l’imprimerie. En effet, le protestantisme ne se serait pas répandu aussi rapidement si un plus grand nombre de gens ne s’étaient pas mis à lire la bible, et avaient ce faisant, découvert à quel point l’église s’était éloignée du message de son célèbre messie. Chaque protestant se devant de lire la bible, il y eu bientôt autant de papes que de protestants !

Ce qui sauva encore le crédit de la bible pour longtemps, ce fut que lorsque ses nouveaux lecteurs y découvrirent tant d’horreurs et d’absurdités, surtout dans l’ancien testament qui de ce côté bat tous les records ! ( Incestes, massacres, viols, génocides, prostitution, sacrifices, guerres ethniques...), ceux-ci intellectualisèrent et virent en celles-ci des allégories, paraboles, symboles et autres mystères à décoder.

Les prêtres de toutes les religions du livre bénéficiaient en effet d’une expérience multiséculaire de ce problème de lecture des textes. Les chrétiens, après avoir trié arbitrairement toutes les versions plus ou moins farfelues des évangiles (Voir cet article sur la constitution du canon), avaient comme je viens de le rappeler plus haut, décidé d’empêcher les fidèles de lire la version mal ficelée mais définitive du nouveau testament.

Les musulmans, plus malins, décidèrent d’ajouter des commentaires au Coran.

Les Juifs, encore plus malins avaient déjà résolu définitivement ce problème depuis des siècles en poussant l’intellectualisation du texte à son plus haut niveau avec l’étude du Talmud.


 

J'avoue !

 

Je dois vous l’avouer, c’est parce que j’ai eu une éducation protestante que j’ai lu la bible en entier. Le problème du protestantisme (je parle du protestantisme en Europe), c’est que se trouve à l’intérieur la clé pour en sortir. Chaque Protestant devant faire l’effort de lire le texte, de le comprendre et aussi d’écouter et comprendre ce que l’autre en a compris, l’esprit critique se construit peu à peu et le doute va s'accroissant.

Ce n’est pas pour rien que celui qui a proclamé que Dieu était mort, Nietzsche, était un protestant, fils de pasteur.

Trop d’exégèse tue l’exégèse ! Et puis après le doute, la curiosité grandissant, j’ai entrepris de lire aussi le Coran. Au début, je trouvais cela sympa car je retrouvais des personnages connus (Jésus, etc.). Mais ensuite j’ai eu la désagréable impression d’un retour à la case départ en reconnaissant le parfum anachronique, sévère et violent de l’ancien testament.

Je me suis aussi intéressé au bouddhisme qui fut un temps la religion de substitution pour nombre de chrétiens déçus en manque de spiritualité. J’ai même lu Lao Tseu, qui près de 600 ans avant Jésus de Nazareth conseillait déjà d’aimer son prochain comme soi-même. Car ne soyons pas négatifs, il y a bien sûr quelques bons conseils dans les livres "sacrés". Mais ces bons conseils relèvent bien souvent du bon sens commun et se retrouvent  dans toutes les cultures humaines.

Qu’y a-t-il alors d’étonnant à retrouver les mêmes personnages, miracles, voire même certaines subtilités théologiques dans des textes de religions différentes ?

 

 

L'invention du christianisme


Le grand saint-Augustin en personne, (ce génial débauché repenti qui n’a jamais aimé d’autre femme que sa maman), qui est devenu l’un des pères de l’église, reconnait lui-même dans ses confessions (Livre 7 chapitre IX) qu’il a trouvé dans quelques textes grecs tout le commencement de l’évangile selon saint Jean.

Si vous avez le temps et la curiosité, lisez "Les confessions", vous comprendrez peut-être d’où vient le problème du christianisme tel qu’il s’est développé, aussi bien chez les catholiques que chez les protestants (ces derniers raffolent tout particulièrement de Saint Augustin). Saint Augustin fut le grand théoricien du concept de péché originel, cette idée géniale qui fait de vous des coupables dès votre naissance et qui a plongé dans la plus terrible angoisse des millions de malheureux durant des siècles.

Il faut quand même savoir que le christianisme dans sa forme religieuse aboutie, n’a pas grand-chose à voir avec ce que Jésus de Nazareth a essayé d’enseigner (si tant est que le pauvre garçon ait vraiment existé).

Pour faire court, le christianisme, qui au départ n’était qu’une secte juive parmi tant d’autres, a été inventé par Paul de Tarse, un gars vraiment très très tourmenté (lui aussi n’aimait guère les femmes, étonnant non ?) qui se revendiquait apôtre de Jésus mais qui ne l’avait jamais rencontré (lire les actes des apôtres, c’est quelque chose).

Je vous conseille la lecture de ce livre fort intéressant de Hyam Maccoby.

 

A mon avis, le philosophe Michel Onfray, athée revendiqué, connu pour ses conférences à l'université populaire de Caen et ses nombreux livres, a dû lire ce livre...

Si vous ne le connaissez pas, ou si vous avez envie de le réécouter, vous pouvez accéder ci-dessous à sa série de cours intitulée "Résistance au christianisme" (tout un programme).

 

 

 


Lorsque la critique est plus difficile que l'art (et surtout plus dangereuse)


Au 18ème siècle, quelques écrivains courageux se sont essayés à critiquer hardiment ces textes dits "sacrés". Le plus connu est le baron mais néanmoins philosophe Paul-Henri Thiry d'Holbach (1723-1789), qui a été très productif dans sa critique de la religion. Visiter ce site pour lire gratuitement quelques-uns de ses ouvrages.

 

Pourquoi la critique était-elle dangereuse ? Sachez que le jeune chevalier de la Barre fut condamné en 1766 à être torturé puis décapité et brûlé, par le tribunal d'Abbeville puis par le Parlement de Paris, pour blasphème et sacrilège (il avait commis le crime atroce de n'avoir pas enlevé son chapeau au passage d'une procession religieuse).

 

Peut-être comprenez-vous mieux à présent pourquoi une loi sur le blasphème, puisque cette question revient à la mode serait totalement anachronique et indécente dans notre pays ?

 

Sachez que le dictionnaire philosophique de Voltaire fut jeté dans les flammes du bûcher du malheureux chevalier de la Barre.

Toute sa vie, Voltaire poursuivi "l'infâme", nom sous lequel il désignait le fanatisme.

Voltaire qui à la fin de sa vie, publia sous un pseudonyme un dernier ouvrage au titre édifiant : "La bible enfin expliquée", dont la dernière phrase est celle-ci :

Que la religion ne soit point un signal de guerre, un mot de ralliement ; qu’elle ne soit point escortée de la superstition et du fanatisme ; qu’elle ne marche point armée du glaive, sous prétexte que Dieu fut nommé quelquefois le dieu de la vengeance ; qu’elle n’accumule point des honneurs et des trésors cimentés du sang des malheureux ; et que son fondateur, qui a vécu pauvre, et qui est mort pauvre, ne lui dise pas : ô ma fille ! Que tu ressembles mal à ton père !

 

Peut-être comprenez-vous mieux à présent pourquoi une loi sur le blasphème, puisque cette question revient à la mode, serait totalement anachronique et indécente dans notre pays ? En république, le blasphème n'existe pas !

 

Moins connu, que Voltaire ou le terrible baron d'Holbach, il y eu aussi le malheureux curé d’Etrépigny et de But en Champagne, Jean Meslier, qui dans son testament avoua son athéisme et son dégoût et la religion dont il avait été le triste représentant.

L'abbée Meslier

 

"Les trois imposteurs"


Si vous êtes curieux et que vous souhaitez mieux connaître ce genre de littérature, je vous conseille la lecture du "Livre des trois imposteurs" publié en 1721. Ce petit ouvrage, attribué à un "protestant" français réfugié en Hollande, Jean Rousset de Missy, est bien écrit et se lit rapidement. De plus, les trois religions dites du livre en prennent chacune pour leur grade, à parts égales.

Les trois imposteurs, ce sont bien sûr Moïse, Jésus et Mahomet !

Comme vous avez la chance d’être sur Transitio, je vous propose la lecture et le téléchargement de ce petit livre, sur le site de la Bibliothèque Nationale .

Désolé, la fenêtre ci-dessous ne s'affichera probablement pas sur votre smartphone ou votre tablette (et elle demande un peu de temps de chargement sur mon PC).

 

 


En résumé, si un inculte médiatique vous dit que le christianisme doit redevenir une religion d'état en France sous prétexte que la France serait de tradition chrétienne, vous pouvez lui répondre que l'anticléricalisme est aussi une très vieille tradition française.

 


Comprendre...


Le but de cet article n’est pas de faire perdre la foi aux croyants des différentes religions. Nous sommes sur Transitio ! Chacun, selon ses moyens, a le droit d’utiliser un mode d’emploi du monde qui lui convienne, une grille d’interprétation, de décryptage. Le but de cet article est de donner des pistes pour tenter de comprendre le fait religieux et surtout son inquiétante dérive au sein de nos sociétés en transition !

Raison pour laquelle, pour nous aider à comprendre, il faut aller au-delà de ces critiques faciles de textes antiques, bien souvent rédigés par de pauvres gars un peu perturbés (j’allais dire de pauvres diables). Un des ouvrages les plus sérieux que j’ai jamais lu sur le sujet religieux  est l’essai de ce chercheur au CNRS, Pascal Boyer : "Et l’homme inventa les dieux".

 

 

La religion, une fable utile et profitable ?

 

Peut-être serait-il enfin temps de mettre un terme à cette navrante plaisanterie, "cette fable utile qui nous a été profitable" comme disait le pape (athée) Léon X au cardinal Bembo en parlant de Jésus Christ !

 

Peut-être serait-il temps pour l’humanité de devenir adulte ? Peut-être suffirait-il pour cela de lever les yeux au ciel et de se poser la question, comme dans la chanson d’Alain Souchon : "Et si le ciel était vide ?".

 

 

Regardons-le ce ciel !

 

Imaginons, dans un suprême effort de bonne volonté, de penser que l’univers dans lequel nous vivons, avec ses milliards d’étoiles tournoyants dans des milliards de galaxies éparpillées au sein d’un vertigineux infini, soit la création de ce que nous appellerons commodément "dieu".

Regardez cette jolie vidéo.

 

 

 


Pensez-vous vraiment que ce dieu aurait quelque chose à voir avec les entités divines toutes plus délirantes les unes que les autres que nos malheureux ancêtres ont imaginé à l’aube brumeuse de nos civilisations ?

Cliquez sur l'image ci-dessous pour mieux prendre la mesure de ce que nous sommes.

 

Pensez-vous sincèrement que l’éventuel créateur de toutes ces innombrables merveilles cosmiques comme les soleils, quasars, pulsars, trous noirs et même la vie, serait descendu par les temps anciens sur notre minuscule planète, pour édicter des ordres aussi ridicules que ceux que l’ont trouve dans les textes dits "sacrés" ? "Ne mange pas de lapin, de vache ou de porc" (selon les religions), "Ne te coupe pas la barbe mais fais-toi couper le prépuce", "Enferme ta femme à la maison et interdit à ta fille d’apprendre à écrire".

Sérieusement ?

Je n’ai pris que les exemples les plus ridicules, car si vous lisez les textes dits "sacrés", vous trouverez des choses bien plus atroces que la décence m’interdit de retranscrire ici.

 

 

Construction intellectuelle


Dieu est une construction intellectuelle qui n’est plus à la mesure de ce que nous connaissons du monde. Il sera intéressant d’étudier l’interprétation qu’auront de ce concept les intelligences artificielles que nous nous apprêtons à créer. Du fait que nous construisons celles-ci "à notre image", il y a fort à parier que nous leurs transmettrons d’une façon ou d’une autre ce virus qui hante notre intelligence depuis sa naissance.

Serait-il possible d’ailleurs, que ce virus soit en quelque sorte un corollaire de l’intelligence ? Une sorte de "bug" de la pensée ? Une mise en veille de l’intelligence lorsque le cerveau se trouve en incapacité de penser plus loin ?

 


Religions ? Non merci !

 

Que dire des religions, après avoir nié l’existence du dieu sensé les avoir inspirées ?

Sont-elles encore utiles à notre espèce ? On juge de l’utilité d’un concept par le profit qu’il peut apporter à une société constituée et aux individus qui la composent.

Il est évident que les religions ont eu leur utilité durant de nombreux siècles, sinon elles auraient disparu plus tôt ! Elles ont permis de créer une sorte de lien social lorsque le niveau culturel des populations ne permettait pas d’élaborer de concepts plus sophistiqués. La brutalité et la violence des époques où celles-ci fleurissaient n’auraient guère permis autre chose. C’est même un miracle que la philosophie ait survécu aux siècles terribles où les religions dominèrent le monde.

Ce ne sont pas les religions qui ont apporté à l’homme un sens moral. L’homme, comme bien d’autres animaux, est pourvu d’un sens moral. Ce sens moral a une utilité évidente pour des animaux vivant en sociétés. La compassion est utile, car partager les sensations d’un congénère augmente notre compréhension du monde. Autre exemple, si l’inceste est immoral, c’est aussi du point de vue de l’espèce, parce qu’il est nuisible à la propagation des gênes.

Ce ne sont pas non-plus les religions qui ont vraiment favorisé les arts et les sciences. Elles se sont plutôt servies des arts qu’elles toléraient, uniquement pour mettre en valeur leur gloire. Quant aux sciences, elles se sont construites la plupart du temps en opposition aux religions.

Des candides rétorqueront que des hommes de science sont religieux. Nous leur conseillerons amicalement de lire la définition de l’esprit faux, dans le fameux dictionnaire philosophique du grand Voltaire. Donnez la meilleure éducation à un enfant, apprenez-lui toutes les sciences, mais si parallèlement vous l’élevez dans une religion, devenu adulte il mettra ses connaissances scientifiques au service de ses préjugés religieux. Ce n’est ni bien ni mal, l’esprit humain fonctionne ainsi.

Vous pouvez également lire cet amusant article sur Transitio, qui traite de la soit-disant rationalité des scientifiques : "Les hérétiques sauvés par le CO2. Petite réflexion sur la science et les scientifiques".

 

 

La religion en France

 

La France, pays depuis lequel j’écris, a eu la chance pendant un temps, de pouvoir s’extirper peu à peu du carcan imposé par la religion catholique, mais ce ne fut pas sans mal. Il y a eu de terribles guerres de religions qui ont fortement marqué les esprits (du moins tant que l’histoire était vraiment enseignée à l’école).

La religion catholique a bien évidemment loupé le coche de la révolution française, même si celle-ci n’aurait jamais eu lieu si le bas clergé ne s’était pas rallié au Tiers-état, lors des états généraux (sans parler de tous ces bons curés qui ont retranscrit avec dévouement les doléances du pauvre peuple dans les célèbres cahiers adressés au roi.

Les révolutionnaires de 1789, et même ceux de 1792, étaient en grande majorité de fervents catholiques ! La plus célèbre fête de la révolution française, la fête de la fédération qui eu lieu le 14 juillet 1790, commença par un Te deum composé par le musicien Gossec et fut célébrée par l’évêque d’Autun (qui hélas était athée, mais bon !).


Fête de la fédération des Français

 

La réforme de l’église réalisée par l’assemblée constituante, qui fit tant grincer les dents des archevêques et évêques qui avaient acheté leurs postes, fut organisée pour le bénéfice des prêtres et curées, plus proches du peuple. Les salaires versés par l’état à ces derniers furent doublés ! (Sans parler dès 2000 prètres qui se marièrent en 1793 !).

Mais il était dans la nature de l’église catholique, dont le haut clergé était si éloigné du peuple, de ne pas voir quel intérêt avait la révolution pour celui-ci. Depuis la révolution française, la société s’est en grande partie construite en France contre l’église, celle-ci ayant longtemps gardé la nostalgie de l’ancien régime.

 

Comme le dit si bien Victor Hugo, dans son essai traitant du coup d'état sanglant de Napoléon III en 1851, "Histoire d'un crime" :

"Or l’évangile est d’accord avec la révolution, mais le catholicisme non. Cela tient à ce que la papauté n’est pas d’accord avec l’évangile. On comprend à merveille le républicain chrétien, on ne comprend pas le démocrate catholique. C’est un composé de deux contraires. C’est un esprit dans lequel la négation barre le passage à l’affirmation. C’est un neutre."

Histoire d'un crime. Un livre à lire absolument
(Cliquez sur l'image pour le lire sur un PDF)

 

 

Mais le progrès des esprits et des cœurs faisant son œuvre, les catholiques français ont peu à peu changé. Sans le savoir, ils sont devenus protestants (tandis que ces derniers devenaient athées). Y-a-t-il en effet encore un catholique en France qui croit que l’hostie se transforme "vraiment" en corps de Christ ? (Dogme de la transsubstantiation, cause de bien des égorgements entre Français au 16ème siècle).


Massacre de la Saint Barthélémy le 24 août 1572

 

 

Tout aurait pu finir dans le meilleur des mondes au niveau de la religion en France. Même les derniers arrivés, nos amis musulmans du Maghreb, commençaient de se laïciser il y a une trentaine d’année. J’ai connu et connais encore des musulmans devenus de vrais gaulois, appréciant même le vin et pratiquant leur religion plus par tradition que par ferveur.

Quoi qu’en disent d’incultes égarés, les musulmans d’Afrique du nord auraient pu s’intégrer en France, aussi bien que les fervents catholiques italiens ou polonais qui agaçaient autrefois tant de "bons français". Certains y sont d’ailleurs parvenus.

Nous ne partageons pas avec eux que les fatidiques années de l’injuste colonisation. Lisez ce droit de réponse de Farida Benba Nabourema à la nullissime Marion Maréchal Lepen sur ce sujet. Nous partageons aussi et surtout, n'en déplaise au FN, une vraie culture méditerranéenne, et ce, depuis des siècles. Nous avons même, comme eux, été colonisés par ces fichus romains !

 

 

Pourquoi ce retour en arrière ?


Pourquoi tout a-t-il si mal tourné en France au niveau de la religion, alors que tout pouvait si bien se terminer ?

Disons que certains se sont souvenus de la fonction première de la religion, qui contrairement à ce que son nom indique, ne sert pas à relier les gens, mais à les diviser…

 

Personnellement, j’aurais aimé vivre sur une planète où les plus grands et les plus beaux monuments auraient été des écoles, des hôpitaux ou des bibliothèques, plutôt que des temples, des églises ou des mosquées, même si ces édifices religieux abritent parfois ce genre d’établissements vraiment utiles pour leur voler un peu de prestige. Mais je n’ai pas eu le choix, bien sûr.

 

 

Où il est encore question de l'évolution...


Alors, les religions sont-elles encore utiles ?

Si l’on rêve d'un avenir possible pour nos sociétés humaines, il est probable que non. Il serait au contraire dans notre intérêt de nous débarrasser tôt ou tard de ces comportements dangereux pour notre espèce du fait qu’ils ne sont plus adaptés à la complexité du monde dans lequel nous vivons.

Peut-être pourrions-nous imaginer que la religion ne soit plus que l'une des formes d'expression du sentiment artistique ?

 

Mais bien sûr, tout est bien plus compliqué que cela. Ne serait-ce que parce que, comme certains en ont l'intuition, l'esprit religieux est probablement une "particularité comportementale" héritée hélas de notre si longue évolution.

Si nous somme effectivement prisonniers de ce pesant déterminisme, rien ne sert de vouloir l'extirper de notre cerveau.

Comme tous les déterminismes qui nous accablent, le seul moyen de gagner un peu de liberté, c'est d'être conscient de son existence.


Sinon, comment évoluer ? Comment réussir cette transition ?


Cet article se voulait être une bonne nouvelle. Bonne nouvelle qui se dit en grec "euaggelion" et en latin "evangeliu", "évangile", en toute humilité…

 


Alors pourquoi cet article ?

 

J'ai écrit ce difficile article, parce que les attaques de plus en plus virulentes contre la laïcité m'inquiètent. Certains de ceux qui les conduisent croient surement bien faire, mais l'enfer n'est-il pas pavé de bonnes intention ?

Le rapport rédigé par la sénatrice EELV, Esther Benbassa, et le sénateur UMP, Jean-René Lecerf, adopté est un parfait exemple de cet oubli progressif de ce qui constituait le ciment de notre société. Rien d'autre qu'une méconnaissance absolue de l'histoire de notre pays ne peut expliquer un tel document.  Le modèle anglo-saxon que l'on tente de nous imposer ne correspond pas à notre culture.

Lisez cet article de Claude Nicolet, sur cet inquiétant sujet : "Les attaques contre la laïcité se multiplient : Ça suffit !"

 

Transitio n'est rien dans la gigantesque masse de données qui circulent sur Internet, mais je veux croire que cet article pourra apporter un peu de réconfort à certains, s'ils le trouvent un jour ! Wink

 

 

Conclusion (enfin !)

 

 

Déclaration d'Oxford sur la liberté de pensée et d'expression.

Le Congrès mondial Humaniste s'est réuni les 8-10 Août 2014 à Oxford, au Royaume-Uni. Peu de chance que vous en ayez entendu parler !

Il a adopté une déclaration sur la liberté de pensée et d'expression. En voici ma traduction :

Version originale sur le site du Congrès mondial humaniste .


"Partout dans le monde et à tout moment, la liberté de pensée et la liberté d'expression se sont révélées les conditions les plus essentielles pour l'épanouissement humain, mais chaque génération doit faire face à de nouvelles menaces à ces libertés fondamentales. Sachant cela, nous maintenons :

Le droit à la liberté de pensée et de croyance est un seul et même droit pour tous. Le droit de l'homme énoncé à l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et élaboré ailleurs, est et doit être un droit unique, indivisible, protecteur de la dignité et de la liberté de toutes les personnes en protégeant leur droit à leurs croyances personnelles, quelles que soient les croyances, religieuses ou non religieuses. Comme l'article 7 de la Déclaration dit : «Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi.»

Personne, quelque soit l’endroit ne devrait jamais être forcé dans ou hors d'une croyance. La liberté de pensée implique le droit de développer, de détenir, d'examiner et de manifester nos croyances sans contrainte, et d'exprimer des opinions et une vision du monde religieux ou non-religieux, sans crainte de coercition. Il comprend le droit de modifier notre point de vue ou de rejeter leurs convictions antérieures, ou déjà attribués. Les Pressions subies pour se conformer aux idéologies de l'État ou à des doctrines de la religion sont l’expression d’une  tyrannie. Les lois qui prescrivent ou criminalisent des croyances sont contraires à la dignité humaine et doivent être abolies. Tout citoyen de chaque État a le droit d'exiger l'abrogation de ces lois, et tous les États devraient soutenir ceux qui, où qu'ils soient, exigent que leurs libertés sociales et leur liberté personnelle soient respectées.

Le droit à la liberté d'expression est de portée mondiale. Le droit de l'homme énoncé à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme comprend le droit de «chercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées par tout moyen et sans considération de frontières». Aucun nationalisme religieux ou d'état sécuritaire ne devrait pouvoir empêcher la communauté humaine mondiale de bénéficier des bienfaits des nouvelles technologies, des médias, des média sociaux, et de nos notre accès personnels à des réseaux transnationaux. Unis, ils  devraient investir des ressources suffisantes pour permettre la participation de leurs citoyens dans ce dialogue mondial.

Il n'y a aucun droit de ne pas être offensé ou de ne de pas entendre des opinions contraires. Le respect de la liberté de croyance des gens n’implique aucune obligation ou d'exigence de respecter ces croyances.

L'expression de l'opposition à des croyances, y compris sous la forme de la satire, du ridicule ou de la condamnation dans tous les médias et ou autres, est vitale pour le discours critique, et toute restriction qui s’exerce à l’encontre de cette expression doit être conforme à l'article 29 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, à savoir la protection des droits et libertés d'autrui. La meilleure réponse à l'expression d'un point de vue avec lequel nous sommes en désaccord avec est d’y répondre. La violence et la censure ne sont jamais des réponses légitimes. Toutes les lois qui criminalisent le language pour des raisons de «blasphème» ou d'infractions à des croyances et des valeurs, entravent la liberté humaine et doivent être supprimées.

Les états ne doivent pas restreindre la liberté de pensée et d'expression sous prétexte de protéger leur gouvernement de la critique. Les États qui criminalisent les critiques de politiques ou de fonctionnaires gouvernementaux comme des trahisons ou des séditions, ou encore comme des menaces à la sécurité, ne sont pas "des gouvernements forts" défendant les meilleurs intérêts du public, mais des états intimidateurs et culpabilisants qui exerce la tyrannie dans leur seul intérêt. Les États devraient veiller à ce que  dans les lois de leurs pays, dans leurs systèmes éducatifs, et dans les conduite de leurs vies nationales en général,  la liberté de pensée et d'expression sont activement encouragée et poursuivie à l'avantage réel de chaque membre de la société.

La liberté de croyance est absolue, mais la liberté d'agir sur une croyance ne l’est pas. En tant que membres responsables de la communauté, nous acceptons que notre liberté d'agir doive parfois être limitée, si et seulement si, nos actions ne portent pas atteinte aux droits et libertés d'autrui. La liberté de croyance ne saurait légitimer d’outrepasser les principes de non-discrimination et d'égalité devant la loi. Des équilibres peuvent être difficiles à trouver, mais en se référant à ​​la liberté et à la dignité humaine, nous pensons que les législateurs et les autorités judiciaires peuvent les instaurer d'une manière progressive.

Nous affirmons que les principes de la démocratie, les droits humains, la primauté du droit, et la laïcité constituent le fondement le plus solide pour le développement de sociétés ouvertes où la liberté de pensée et d'expression sera protégée et promue.

Nous nous engageons dans tous nos travaux pour défendre et promouvoir les droits existants à la liberté de pensée et d'expression dans le cadre international des droits de l'homme et de résister aux restrictions nationales et internationales sur le droit des individus à penser par eux-mêmes librement et d'exprimer ouvertement leurs opinions sans crainte .

Nous exhortons chacun des membres de nos organisations et tous les humanistes à travers le monde, à faire respecter ces valeurs dans leur propre vie ; à promouvoir dans leurs communautés la compréhension du grand public pour les droits à la liberté de pensée et la liberté d'expression pour tous; à exhorter leurs gouvernements à promouvoir ces valeurs; et à se joindre aux humanistes et autres à l'échelle mondiale pour les défendre et les faire avancer au bénéfice de toute l'humanité."

 

 

Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça m'a soulagé un peu de savoir que ces gens existaient !

 

 


 

 

La religion ? Non merci ! Ou alors à très petites doses, si l'on ne peut pas faire autrement... Wink

 


Mise à jour le Mercredi, 09 Décembre 2015 10:50
 

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