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Les dieux, le football, Condorcet et les nains de Bernard PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Transitio   
Vendredi, 17 Juin 2016 22:30

Ou comment prendre de la distance par rapport à l'actualité.
(Il n'y a que sur Transitio que l'on trouve de tels articles !)


Après plusieurs mois de silence, je me hasarde à écrire de nouveau un article pour Transitio.

La décourageante  question « A quoi bon ? » étant pour le moment écartée, je vais essayer de ne pas trop rater mon retour en traitant d’un sujet, qui je l’espère, vous apportera un peu de réconfort. Il y a malheureusement trop de sujets douloureux, en cette passionnante mais aussi terrible période de transition (ou d’effondrement, c’est selon mon humeur).

L’actualité est vraiment trop brûlante, trop effrayante, trop lassante !

Prenons garde à l’actualité, méfions-nous d’elle. Curieusement, depuis quelques années, ce que nous appelons l'actualité, est devenue une sorte de machine à terrifier qui nous maintient en état de choc permanent...


D'ailleurs, rien ne vieillit plus vite qu’un sujet d’actualité ! Nous sommes sur Transitio après tout ! Le but de ce modeste site est principalement d’essayer (en toute modestie), de comprendre, d’analyser, tout en évitant de juger. Je vous propose donc, au vu des circonstances, d’essayer de prendre de la distance…


Où en sommes-nous ?

Le tableau n’est guère rassurant, sa toile se craquelle. Le monde se fissure, toutes les institutions semblent sur le point de s’effondrer. Tout le monde s’affole, nous commençons de paniquer, regardant hagards autour de nous, les yeux remplis de peur, de colère ou de dégoût. Nous ne savons plus comment, ou pire, nous ne voulons plus vivre ensemble ! Ça et là le contrat social se déchire. Les outils conceptuels que patiemment nous nous étions forgés pour comprendre le monde et y vivre, ne fonctionnent plus, tant celui-ci est devenu compliqué. Mais est-il vraiment devenu plus compliqué ou bien le problème ne viendrait-il pas du fait que nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience de sa complexité ? De plus en plus nombreux à réaliser, certes, mais pas tous hélas, c’est peut-être là aussi que pourrait résider le problème.


Bienvenue dans le troupeau ! 

Comme vous, je me trouve au milieu du chaos, piégé au sein du troupeau. J’ai beau sauter comme un cabri, je n’aperçois pas d’échappatoire. Nous semblons tous courir vers le haut d’une falaise du haut de laquelle bientôt nous nous précipiterons en bêlant !
L’avenir n’est plus ce qu’il était.

Nos ancêtres s’étaient donnés tant de mal pour que nous puissions nous ébattre dans les vertes prairies de cet avenir qui les faisait rêver ! Peu à peu, au fil des siècles et des millénaires, lentement, patiemment, confiants, ils avaient cheminé sur la voie du progrès, se débarrassant progressivement des chaînes de l’ignorance et de la superstition. Nous étions en droit d’espérer que lesdits ancêtres n’avaient pas rêvé en vain notre avenir. Des civilisations étaient nées, avaient brillé un temps, puis s’étaient éteintes, passant le flambeau à d’autres, qui elles aussi avaient marché sur le long chemin du progrès. Nous ne craignons plus l’enfer, mais nous redoutons l’avenir.


Point d’étape (avec de vilains "on")

Nous sommes en 2016, tant de siècles d’histoire sont passés. Et pourtant…

On tue encore et encore, au nom de divinités ridicules, inventées en des époques lointaines par de pauvres hères incultes !

On croit encore ici et là que les femmes sont des êtres inférieurs ou que les homosexuels méritent l’enfer !

On pense sincèrement qu’une croissance sans fin dans un monde limité est possible et que la main invisible du marché réglera tous les problèmes !

On se réuni par milliers dans des arènes immenses pour hurler notre plaisir de voir des manchots athlétiques jouer à la baballe !

On se détourne des outils du savoir qui lui seul peut nous libérer de nos déterminismes accablants.

On préfère la sécurité rassurante du troupeau gardé par des loups, à une liberté qui nous fait peur car elle exige de nous que devenions adultes et responsables.


Conclusion ?

Vous aviez compris, « ON » va mal...


Eh bien non ! Ce n’est pas la conclusion ! (Dixit Nietzsche ?)

Eh bien non, c’est le moment idéal pour prendre de la distance, car tout cela est déjà arrivé et arrivera encore. C’est la loi du nombre qui rend la situation présente si impressionnante, car nous n’avons jamais été si nombreux ! (Qu’est-ce que ce sera lorsque nous en serons au niveau de l’empire galactique !). C’est notre incapacité de penser l’avenir qui fait que nous ne concevons que l’apocalypse pour seul horizon.
Oui mesdames et messieurs, tout cela est déjà arrivé maintes fois pendant le long voyage de l’humanité vers le progrès.


Faisons-nous une raison !

Nationalistes frileux et pathétiquement racistes, faites-vous une raison. Une nation n’est qu’un arrangement momentané qui permet à des gens de vivre en commun. Mais cet arrangement tient tant que ladite nation qu’ils prétendent constituer est suffisamment homogène pour vouloir vivre ainsi. Que des nouveaux arrivent, soit de l’intérieur (envie de vivre autrement suscitée par le désir de progrès), soit de l’extérieur (les raisons sont si nombreuses), et alors le contrat social se déchire. Une autre nation est alors à inventer.

Européens convaincus, faites-vous une raison, vous êtes à présent trop nombreux à être convaincus de choses trop différentes, pour que le château de cartes que vos banquiers ont commandé à vos politiciens puisse encore tenir debout bien longtemps. N'écoutez pas ces clowns sinistres qui vous disent que le Brexit signifie la mort du Royaune Uni ! L'Angleterre, disparaître ! J'en ris encore !

Islamistes furieux, faites-vous une raison, tôt ou tard, vos femmes écœurées de la peur que vous avez d’elles, réaliseront où se trouve leur avantage et en tireront les bonnes conclusions.  Darwin vous expliquerait que votre comportement nuit à votre espèce, raison pour laquelle vous devrez en changer si vous ne voulez pas disparaître trop vite de la tragi-comédie humaine que vous avez à cœur d’ensanglanter.

Américains naïfs, faites-vous une raison, un jour ou l’autre, votre empire lui aussi s’effondrera. C’est probablement la bêtise dans laquelle vos élites tentent de vous enfermer qui sera la cause de votre perte. Un conseil ? Étudiez l’histoire et surtout si vous ne voulez pas que votre QI continue de s'effondrer, arrêter de manger n'importe quoi ! (Lire :"Le quotient intellectuel diminue à cause de notre mode de vie".)

Quant à moi, naïf parmi les naïfs, peu importe que je confesse mon rejet de la religion ou mon mépris envers le football. En effet, qu’une religion disparaisse quelque part et une autre naîtra ailleurs sur le fumier des mêmes déterminismes (Lire : "Et l'homme créa les dieux"). Que le football devienne un sport exemplaire, pratiqué par des hommes d’honneur exceptionnels, et très vite, dans une lointaine basse cour, d’autres mafieux trouveront d’autres gladiateurs pour distraire le pauvre peuple !


Ça y est, on a pris du recul !

Avez-vous  vu comme nous avons pris ensemble du recul, voire même de la hauteur ? Tout ne devient-il pas un peu moins dramatique ? Regardez tout en bas ces petits nains fragiles qui brandissent leurs petits fanions et leurs dangereux cure-dents ! N’est-elle pas touchante cette minuscule planète qui tournoie dans le vide infini, autour de cette étoile luciole qui un jour s’éteindra ?


Le risque du voyage astral

Mais gardons-nous de prendre trop de hauteur, trop de distance. Ce genre de voyage astral présente un risque terrible, celui de ne plus savoir comment réintégrer notre humanité. N’oublions pas que nous faisons partie de cette multitude de petits éphémères qui sous prétexte de vouloir un monde meilleur, oublient de vivre dans celui qui momentanément héberge leurs fugaces vies…


Essayez un géant !

Cet article ne vous a pas vraiment aidé à prendre de la distance ? C’est normal, pour réussir cela, le meilleur moyen est de monter sur les épaules d’un géant, comme disait l'ami Bernard ! (Bernard de Chartres, voir la fin de l'article)

En voici un de géant !



Je vous conseille donc de monter sur les épaules de Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, plus connu sous le nom de Condorcet

Lorsqu’il écrivit de 1793 à 1794, ce petit livre magnifique d’intelligence et d'optimisme, il se savait pourtant condamné par la Révolution dont il avait été l’un des initiateurs. Vous serez éberlués par sa lucidité et par sa brillante description du long cheminement de l’humanité sur la laborieuse voie du progrès.

Mais chut ! J’ai été une fois de plus trop bavard, lisez plutôt le grand Condorcet !

Il vous suffit pour cela, de cliquer sur l'image ci-dessous...



Les nains de l'ami Bernard de Chartres

Jean de Salisbury, philosophe anglais du 12ème siècle (bien avant le Brexit), 
dans son ouvrage "le Metalogicon", prêtait la métaphore suivante à son maître Bernard de Chartres :

« Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux. »



 Manuscrit allemand, vers 1410

Puisque le progrès de "l'humanité" semble marquer le pas (celui de l'humanité, par le progrès des sciences et techniques), s'asseoir un moment sur l'épaule d'un géant permet de se reposer un peu et de ne pas céder trop vite au découragement.

Essayez !





Post Scriptum :

Na vous méprenez pas sur la distance que j'ai tenté de prendre vis-à-vis de cette difficile période de transition, marquée, provisoirement je l'espère, par un certain recul du progrès. Les miens et moi-même, avons comme les autres, payé le prix de celle-ci. 
Mes parents, après avoir connu l'euphorie de l'après-guerre et vécu une certaine ascension sociale, finissent tristement leur vie, difficilement protégés de la misère, par ma sœur et moi. 
Ma sœur de 56 ans, après une vie de galère, a fait l'objet d'un licenciement économique l'an dernier et ne retravaillera probablement plus jamais. 
Ma fille de 28 ans vient elle aussi d'être licenciée "économique" (sa licence et sa maîtrise ne lui servent à rien). 
Mon fils qui était brillant à l'école primaire est devenu progressivement ignorant grâce au système éducatif français. Il est à présent en première année de droit, mais il n'a plus lu un livre depuis des années. 
Quant à moi, j'ai fait mon burnout en 2009 à cause d'un travail qui me vampirisait et qui peu à peu a détruit ma vie, et à présent je compte les jours qui me séparent d'une retraite incertaine. J'ai fais parti de ces naïfs qui ont cru au projet européen, parce qu'ils n'en voyaient que le côté culturel. C'était sans compter sur ces grands malades que sont les gens pour lesquels seul compte l'argent. J'ai été un républicain laïque convaincu, et je le suis toujours, malheureusement, c'est vous dire si je me sens bête à présent avec mes valeurs de Liberté d'Egalité et de Fraternité, au milieu de ces malheureux qui revendiquent des idées datant de notre moyen âge...

Je peux encore monter sur des épaules de géants pour voir au-delà de moi et de cette société qui momentanément régresse, mais je suis triste à l'idée que les générations qui suivent ignoreront l'existence même de ces géants, du mois le temps plus ou moins long d'un probable moyen âge.

Mon fils ne lira jamais cet article...

Ni mon cher Papa qui depuis mardi dernier, ne vit plus que dans le cœur de ses proches. Je lui dédie ce modeste article, car c'est lui qui enfant m'a donné le goût de lire les géants.




Mise à jour le Jeudi, 30 Juin 2016 16:26
 

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