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En transition vers la peste ou vers le choléra ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Transitio   
Vendredi, 28 Avril 2017 21:32

Article mis en ligne le 28 avril 2017 et mis à jour le 19 mai 2017


Petite réflexion sur le libéralisme à la française.

 

Je suis toujours embarrassé par les articles qui collent de trop près à l'actualité. Ils sont souvent écrits trop vite et ils se démodent encore plus vite. L'avantage de celui-ci est qu'il prend appui sur un article publié sur le site du Wall Street Journal en 2015. Il s'agit donc pour le moins d'une réflexion s'étalant dans le temps.

Vous découvrirez donc dans ma traduction de cet article du WSJ, une très intéressante description de notre nouveau président, le fringuant Emmanuel Macron. Vous y apprendrez par exemple, pourquoi il avait pour mission en 2012 de rassurer les banquiers, pendant que son vieil ami François Hollande provoquait l'enthousiasme lors d'un meeting de sa campagne électorale, en évoquant son terrible adversaire sans visage, "le monde de la finance".


Dans le première version de ma présentation du 28 avril, j'écrivais ceci :

"Deuxième tour des catastrophiques élections présidentielles en France. Je ne vais bien sûr pas voter pour la peste brune. Il me reste donc 3 possibilités : ne pas voter, voter blanc, ou voter pour Monsieur Macron."

Le choix électoral se réduisait entre voter pour celui qui défend un système économique qui est cause de misère , et voter pour un parti populiste , raciste et haineux, effet de la misère causée par le précédent. Peste ou Choléra ?

La cause et l'effet...

 

 

Front Républicain ?


An nom du sacro-saint "Front Républicain", j'ai voté contre Le Pen. Otage de la naïveté de mes concitoyens, j'ai dû voter pour le si séduisant Macron, sémillant représentant des libéraux.

Qu'est-ce que le libéralisme ? Plus précisément qui sont les libéraux ? J'aime beaucoup cette lucide définition donnée par l'historien Henri Guillemin :

"Les libéraux sont des affairistes qui sont costumés en républicains et qui ne pensent en réalité qu'à la protection des grands intérêts.

Ecoutez cet extrait de l'une de ses conférences. Il est savoureux. Je vous conseille de lire et écouter les travaux de cet historien étonnant.

 

 

Vous pouvez également lire cet article, probablement écrit par un anachronique, gauchiste "Libéral, ça veut dire quoi", sur le sulfureux site Agoravox.

 

Au final, le candidat du système a gagné et la candidate antisystème du système a perdu (mais grâce au gagnant elle récoltera encore plus d'électeurs pour les élections de 2022).

Ce fut une belle campagne, étonnante, pleine de rebondissements, mais le plus important c'est que le candidat enfanté par la finance et supporté presque unanimement par la presse ait gagné !

C'est peut-être le moment de relire l'article de Transitio sur le fameux livre "Propaganda"

 

Vous trouvez que j'exagère ? Alors regardez et surtout écoutez bien les confessions de ce banquier très souriant, en bas de la page...

 

 

L'article de 2015 du Wall Street Journal ! (Enfin !)


Après ma trop longue introduction, voici enfin ma traduction de cet article du WSJ ! J'y ai ajouté quelques liens, mais les soulignements édifiants sont ceux de l'article en anglais. Veuillez excuser certaines lourdeurs, mon anglais n'est pas excellent. Wink

 

L'article est signé de Stacy Meichtry et William Horobin. Il est réservé aux seuls abonnés du Wall Street Journal, mais j'ai réussi à le récupérer en entier (Hi hi hi !).

La version PDF en anglais est téléchargeable en cliquant sur la bannière ci-dessous.

By Stacy Meichtry and William Horobin

Link : https://www.wsj.com/articles/frances-hollande-casts-fate-with-ex-banker-macron-1425851639

Updated March 8, 2015 6:13 p.m. ET

Hollande met le sort de la France entre les mains de l'ex-banquier Macron

Alors que le président des Français se détourne d’une politique de taxation des riches, le ministre de l’économie s’engage à être « plus conflictuel » (NDT : Plus intransigeant)

 

Le Ministre français de l'Economie Emmanuel Macron en a pris plein les oreilles en Janvier de la part de responsables d’entreprises américaines de technologie et de vente qui l’ont sermonné à propos de la réputation d’inhospitalité de la France envers les entreprises, lors d'une réunion à l'hôtel Venetian à Las Vegas.

Ils se sont plaints que le gouvernement intervenait trop, que le marché du travail était trop encadré de règles et que les impôts sur les sociétés étaient onéreux, surtout que depuis deux ans une taxe de 75% sur les salaires de plus de € 1.000.000 (1,1 million $) a été imposée par le président François Hollande après son élection en 2012.

M. Macron, un ancien banquier d'investissement de 37 ans qui est devenu le plus haut fonctionnaire de l’économie de la France en août dernier, a croisé ses mains comme pour une prière et a répondu qu'il était venu de Paris en avion pour délivrer le message suivant : "je suis d'accord avec tout." (NDT : tous ces reproches)

Il a ajouté : « Je pense que la taxation à 75% était une grosse erreur »

Le coup de pique envers son patron n’était pas un lapsus. Depuis des années, il a poussé M. Hollande et le Parti socialiste à se décider de procéder à une modernisation longtemps retardée de l'économie de la France, la deuxième plus grande de la zone euro. A présent, le président français conditionne la survie de son gouvernement à l’agenda de M. Macron.

En Février, M. Hollande a mis en avant des réformes économiques conçues par M. Macron, connues sous le nom de "Loi Macron" devant l’assemblée nationale. L’opposition du propre parti du président était si virulente que M. Hollande a utilisé des pouvoirs constitutionnels spéciaux pour contourner l'Assemblée nationale, la première utilisation de cette procédure depuis près d'une décennie.

Les législateurs en colère ont riposté en soumettant le gouvernement de M. Hollande à un vote de confiance. Bien que le vote n'ait pas abouti, il a mis en évidence les dissensions suscitées par la décision du président français d’abandonner sa méthode de recherche du consensus qui l’avait porté au pouvoir, mais qui faisait de lui un réformateur économique lent.

 

Sous la pression croissante

La France est sous la pression croissante des fonctionnaires de Bruxelles et de Berlin pour apporter des changements structurels aux sclérotiques règles de travail et aux tracasseries administratives qui ont contribué à faire de l'économie française un boulet pour la croissance de la zone euro. Au quatrième trimestre de l'an dernier, le produit intérieur brut a augmenté de seulement 0,1% en France, contre 0,7% en Allemagne.

En soutenant M. Macron, M. Hollande se détourne de son passé d’apparatchik qui se souciait d’apaiser la gauche du parti socialiste avec des politiques de taxation des riches et de politiques pour l’emploi qui pesaient sur les finances de la France, comme les subventions à l'emploi pour plus de 150 000 jeunes.

Il est de plus en plus clair que le chef français a décidé de lier son destin politique avec les gouvernements européens, menés par l'Allemagne, qui considèrent les droits et la protection de l'emploi comme autant de causes de l'inertie économique.

"Je suis heureuse", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel alors qu’elle se tenait au côté de M. Hollande à Paris trois jours après son bras de force avec le Parlement français. "Il montre que la France a la capacité d'agir." Un proche collaborateur de M. Hollande a dit qu'il n’était pas compétent pour faire un commentaire.

Les fonctionnaires de l'Union européenne veulent qu'il aille beaucoup plus loin, en assouplissant la réglementation du travail qui limite les possibilités des entreprises de licencier des travailleurs et d'embaucher du sang neuf. Cela met M. Hollande sur une trajectoire de collision avec son propre parti.

Lors d'entretiens avec le Wall Street Journal, M. Macron a dit qu'il prévoyait de renforcer sa loi éponyme en moyens susceptibles d'élargir la fracture. Par exemple, il veut permettre aux entreprises de contourner les règles de travail rigides et de négocier directement avec les employés, un mouvement qui pourrait porter atteinte à la sacrosainte semaine de travail de 35 heures en France.

"On doit devenir plus conflictuel," dit-il. Le Sénat devrait être en mesure de commencer l'examen du projet de loi en Avril.

L'ascension de M. Macron depuis le derrière de la scène, dans sa fonction d’architecte et de champion désigné de Monsieur Hollande a alarmé la base du Parti socialiste. M. Macron n'a jamais mené de campagne électorale et a montré du dédain pour les arrangements souvent nécessaires pour rallier à soi les députés.

Ces faits ont approfondi sa rupture avec les députés d’arrière-ban, qui rejettent également M. Macron comme appartenant à une élite sans aucun rapport avec l'identité de classe ouvrière du socialisme français. « Une partie de lui manque d’humanité», explique Jean-Marc Germain, un député socialiste

La loi Macron "est dévastatrice au regard de nos principes, car elle anéantit une grande partie de ce que nous représentons en tant que socialistes," a-t-il ajouté.

Pourtant, M. Macron a clairement conquis le socialiste français qui importe le plus : M. Hollande.

Le lien s’est noué des années avant qu'il n'accède au pouvoir comme président et il s’est renforcé au travers du conflit avec le parlement, indique le conseiller de Monsieur Hollande.

M. Macron est adroit à susciter des admirateurs dans les hautes sphères, d’après les personnes qui l'ont parrainé au fil des ans. Il a déployé ces compétences tout en cultivant une relation d’amitié avec M. Hollande, 60 ans, se tenant prêt du politicien même quand ils étaient en désaccord (à titre privé). La raison : M. Macron croyait que le président y viendrait finalement.

"C’est une sorte d'accord implicite : Si je suis en désaccord, de lui dire toujours que je suis en désaccord", se souvient M. Macron. "Parfois, nous nous sommes affrontés."

Né dans une famille de médecins d’Amiens, une ville du Nord de la France, M. Macron a rencontré sa future épouse, Brigitte Trogneux, alors qu'il était à l'école secondaire et qu’elle était son professeur de théâtre. Il a joué dans une pièce de théâtre organisée par Mme Trogneux, qui a 20 ans de plus que M. Macron, et ils ont emménagé ensemble une paire d'années plus tard.

Macron a gagné l'entrée dans les couloirs du pouvoir après son acceptation dans l'École Nationale d'Administration, une école très sélective qui compte de nombreux présidents parmi ses anciens élèves, y compris M. Hollande.

Comme l'un des meilleurs diplômés en 2004, M. Macron a obtenu un poste convoité à l'intérieur de l'Inspection Générale des Finances, une élite de hauts fonctionnaires qui contrôle les organismes gouvernementaux et qui sert d'école de de perfectionnement pour la classe dirigeante française

"L'aristocratie de l'aristocratie», dit Alain Minc, un homme d'affaires de premier plan. «C’est une caste de personnes influentes."

Lorsqu’il s’y trouvait, M. Macron a tenu à se faire connaître auprès des anciens inspecteurs les plus en vue de l'unité, y compris de M. Minc et de l’ancien Premier ministre Michel Rocard. M. Macron a parlé politique avec M. Minc et produits dérivés (NDT : financiers) avec M. Rocard. "C’est un bon professeur", se souvient M. Rocard.

M. Hollande a rencontré M. Macron lors d'un dîner organisé en 2008 par Jacques Attali, un conseiller de haut niveau du président François Mitterrand dans les années 1980. M. Attali avait pris M. Macron sous son aile, et l’avait recruté pour coordonner une commission spéciale créée par le président d'alors, Nicolas Sarkozy, pour recommander des réformes favorables aux entreprises.

Au cours du dîner, M. Hollande avait demandé à M. Macron s’il voulait se présenter à des élections. M. Macron n’ était pas sûr. Il ne voulait pas dépendre de la machine politique. Au lieu de cela, il s’est porté volontaire pour devenir un conseiller en arrière de la scène.

À l'époque, les fortunes politiques de M. Hollande étaient en déclin. Le Parti socialiste l’avait disqualifié par la nomination de Ségolène Royal pour entrer en compétition avec M. Sarkozy en 2007. Après avoir perdu, les dirigeants des partis jetèrent leur dévolu sur Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du Fonds monétaire international.

M. Macron est resté près de M. Hollande, qui a cimenté leurs liens. "C’est le coeur de sa relation personnelle avec Hollande," dit M. Minc.

En 2011, la candidature de M. Strauss-Kahn s’est effondré au milieu d'un scandale sexuel. M. Hollande était soudain un candidat à la présidence, et il voulait des conseils sur la façon de secouer l'économie de la France.

M. Macron a convoqué grands économistes à La Rotonde, sa brasserie parisienne préférée, et a finalement concocté un plan économique de 200 pages pour M. Hollande. Partant de l'idéologie du parti socialiste, le document confidentiel mettait en avant une feuille de route "de réformes" "pro-industrie, se souvient M. Macron.

"Il parle clairement. Pas de tabous ", dit Jean Pisani-Ferry, un économiste qui a assisté aux sessions. Le conseiller de M. Hollande dit que le document a jeté les bases pour son orientation pro-business.

M. Macron a cumulé son travail pour la campagne de M. Hollande avec ses fonctions de banquier d'investissement pour Rothschild & Cie. S’appuyant sur des connexions via M. Attali, M. Macron a aidé à arranger le rachat des activités d'alimentation pour bébés de Pfizer pour 11,85 milliards de dollars.
par Nestlé.

Ce rachat a rendu M. Macron riche et lui a permis de s’attirer les faveurs d'une caste de banquiers spécialiste des « Fusacq » (Fusions acquisitions). "Vous êtes en quelque sorte une prostituée," dit-il. "La séduction est le travail."

Pendant ce temps, M. Hollande a fait face à des tensions dans une campagne électorale serrée pour rassurer sa base du Parti socialiste. En Janvier 2012, il a prononcé un discours grandiloquant dans lequel il mettait en garde contre une menace contre la France sans nom et sans visage.

"Cet ennemi c’est le monde de la finance", a déclaré M. Hollande à une foule en délire. Dans les coulisses, il avait envoyé M. Macron à Londres pour rassurer les investisseurs du fait que le candidat à la présidentielle n’était pas le tenant d’une ligne dure.

Les deux hommes se sont affrontés lorsque M. Hollande a promis de percevoir la taxe de 75% sur les salaires de plus d'un million d'euros. M. Macron décocha un courriel à M. Hollande, espérant l'orienter à une position plus souple: "C’est Cuba sans le soleil!"

Après son élection, les législateurs ont approuvé la taxe, et M. Hollande a constitué son cabinet son cabinet avec les membres de la gauche du Parti socialiste. Arnaud Montebourg, qui considérait le gouvernement comme un gardien contre les rachats d'entreprises par des étrangers, a été nommé ministre de l'Industrie de la France.

Mais en signe de la détermination de M. Hollande à équilibrer les intérêts concurrents, le nouveau président a embauché M. Macron comme chef de cabinet adjoint et lien principal avec le monde des affaires

Sous la pression de l'Union européenne pour un équilibre des finances publiques, M. Hollande a annoncé 7,2 milliards d’ € en impôts supplémentaires sur les entreprises et les gens riches et a ensuite élevé la facture de l'impôt de 20 Md €.


Une rébellion des milieux d'affaires

Des chefs d'entreprise français se sont rebellés. Ils ont protesté publiquement contre le plan et les licenciements ont fait augmenter le taux de chômage de la France au-dessus de 10 %. M. Macron a exhorté M. Hollande à changer de tactique, et le président a dévoilé une baisse du coût du travail, étalée sur deux ou trois ans, d’environ 20 milliards d’euros pour les entreprises en Novembre 2012. M. Macron a plus tard convaincu M. Hollande de doubler les allègements fiscaux malgré les critiques de la gauche.

M. Macron s’est aussi confronté à M. Montebourg lors de sa tentative de réaliser une fusion entre la société d'ingénierie française Alstom SA et sa concurrente allemande Siemens AG. M. Montebourg voulait empêcher la société américaine General Electric Co. d'acheter la partie turbine d'Alstom qui constituait le cœur de métier de celle-ci.

Lors d'une réunion en Juin 2013 au Palais de l'Élysée, M. Macron avait dit à M. Montebourg, qui avait été promu ministre de l'Economie : "Vous pouvez bloquer un mariage, mais vous ne pouvez pas forcer un mariage."

M. Montebourg a cédé.

Le lendemain, le gouvernement français a soutenu l'acquisition de 17 milliards de $ proposée par GE'S. Un porte-parole de M. Montebourg ne s’est pas rendu disponible pour commenter.

Malgré la volonté de M. Macron de s’opposer aux poids lourds du Parti socialiste, il a quitté l'administration de M. Hollande pour lancer une start-up Internet. Ses plans ont changé quand le président français lui a téléphoné en Août 2014 avec une offre urgente.

M. Hollande a renvoyé M. Montebourg et deux autres ministres qui s’opposaient aux coupes dans les dépenses publiques. C’était un reproche impensable pour la gauche rebelle. M. Hollande a proposé le poste de ministre de l'économie à M. Macron s’il le voulait.

M. Macron a dit qu'il voulait un mandat clair de M. Hollande pour réformer l'économie. M. Hollande a répondu: ". Vous serez ici pour la réforme". Une heure plus tard, M. Macron accepta le poste.

Le voyage de janvier au Consumer Electronics Show de Las Vegas a montré comment M. Macron essaie de gagner les dirigeants d'entreprises ayant peu ou pas de présence en France en raison de ses impôts élevés et des règles de travail qui rendent difficile le licenciement des employés. Il a invité les dirigeants à un dîner de suivi avec M. Hollande cet automne au Louvre.

De retour à Paris, M. Macron a essayé d'apaiser les députés qui se sont opposés à aux réformes proposées, comme les restrictions plus souples pour le travail du dimanche dans les magasins de détail, les procédures de licenciement plus faciles, les réductions des frais de notaire et l’accélération des décisions de justice sur les conflits du travail.

M. Hollande tenta de minimiser le conflit, en disant que la loi Macron n’était "pas la loi du siècle." M. Macron s’attendait à ce que les changements passent avec une majorité faible mais fiable.

Son humeur changea bientôt. A 1 heures, le jour de la Saint Valentin, M. Macron rencontra un baron du Parti socialiste, Benoît Hamon, qui avait été congédié de son poste de ministre de l'éducation lors du réaménagement ministériel qui avait fait ministre de l’économie, M. Macron.

Alors que les deux hommes prenaient des boissons au bar de l'Assemblée nationale, M. Hamon avait proposé qu’en contrepartie d’un soutien des députés du Parti socialistes à M. Macron, la législation prévoirait une augmentation à l'échelle nationale des taux de rémunération pour les travailleurs du dimanche.

"J’aurais veillé à ce qu'il y ait une majorité", explique M. Hamon. "Je ne voulais pas aller à la guerre." Le lendemain, M. Macron livra sa réponse dans un discours enflammé à l’assemblée nationale. "Je suis désolé, mais je ne suis pas ouvert à des compromis superficiels pour justifier un vote," déclara-t-il aux parlementaires.

Pour sauver le projet de loi, M. Macron et le Premier ministre français Manuel Valls décidèrent de demander à M. Hollande de convoquer les membres du cabinet et de demander l'autorisation d'utiliser l'article 49, qui permet de faire passer la loi au Sénat. "Nous sommes à court d'une majorité", a déclaré M. Valls au président.

L’utilisation des pouvoirs constitutionnels soumettait M. Hollande à une motion de censure qui aurait pu briser son gouvernement. Les divisions entre M. Hollande et son propre parti s’avèrent désormais si profondes que le gouvernement "risque d’avoir des difficultés à faire passer des mesures supplémentaires pendant le reste de son mandat", dit Sarah Carlson, analyste chez Moody 's Investors.

M. Macron n’est pas d’accord. Il affirme que le gouvernement se sent plus libre qu’avant de labourer avec son plan de réformes économiques, car il peut contourner l’assemblée nationale si les députés refusent de faire des compromis.

Ses idées les plus récentes concernent la possibilité de donner aux entreprises et aux employés une plus grande marge de manœuvre pour négocier des dérogations sur les règles nationales pour les heures de travail et les salaires. "Mon souhait, mon désir est d'aller plus loin avec cette loi," dit-il.

 


Vous avez bien lu !


"La France est sous la pression croissante des fonctionnaires de Bruxelles et de Berlin pour apporter des changements structurels aux sclérotiques règles de travail et aux tracasseries administratives qui ont contribué à faire de l'économie française un boulet pour la croissance de la zone euro."

"En soutenant M. Macron, M. Hollande se détourne de son passé d’apparatchik qui se souciait d’apaiser la gauche du parti socialiste avec des politiques de taxation des riches et de politiques pour l’emploi qui pesaient sur les finances de la France, comme les subventions à l'emploi pour plus de 150 000 jeunes."

"Il est de plus en plus clair que le chef français a décidé de lier son destin politique avec les gouvernements européens, menés par l'Allemagne, qui considèrent les droits et la protection de l'emploi comme autant de causes de l'inertie économique."

"Les fonctionnaires de l'Union européenne veulent qu'il aille beaucoup plus loin, en assouplissant la réglementation du travail qui limite les possibilités des entreprises de licencier des travailleurs et d'embaucher du sang neuf. Cela met M. Hollande sur une trajectoire de collision avec son propre parti."

"Cet ennemi c’est le monde de la finance", a déclaré M. Hollande à une foule en délire. Dans les coulisses, il avait envoyé M. Macron à Londres pour rassurer les investisseurs du fait que le candidat à la présidentielle n’était pas le tenant d’une ligne dure."

 

 

Puisque vous êtes sur Transitio, pourquoi ne pas en profiter pour lire ces quelques articles ?


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Bilan à mi-parcours avant la dictature ? Le rapport de la banque JPMorgan Chase

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Comme vous avez eu le courage de tout lire, je vous récompense avec ces 2 "amusantes" petites vidéos.

 

Un bilan...

 


Une prophétie (de 2012, mais qui s'est réalisée !)

 

 

Mise à jour le Vendredi, 19 Mai 2017 17:03
 

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