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Du charbon, des algues et des digressions... PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Transitio   
Jeudi, 05 Mars 2020 16:08

Article en cours de rédaction.



 

Bienvenue sur Transitio !

 

Retour en 2011 (Voire même 2008)

Initialement, l’idée m’était venu de mettre à jour l’un des plus vieux articles de ce site ! Un article qui évoquait la production de carburant par des algues se nourrissant du CO2 produit par des centrales fonctionnant au charbon. Je l'avais publié en 2011 sur le site de la Commission énergie du parti des Verts, dont je faisais partie à l'époque (Eh oui...). Il s'agissait de la recension d'un article datant de 2008 que j’avais trouvé sur le site "glomalwarmingisreal.com" et que j’avais traduit. Bien sûr, ce site n’existe plus et les hyperliens ne sont plus actifs…

Cliquez sur l'image ci-dessous pour le lire :

Redécouvrir ce vieil article sur les algues se nourrissant du CO2 du charbon, m’a donné envie de vous donner quelques informations qui vous étonneront peut-être, à propos dudit charbon. En effet, de par mon grand âge, j'ai connu deux époques intéressantes concernant l'histoire de cette vénérable énergie fossile. C'était aussi une occasion de réactualiser les infos concernant les petites algues !

 

Le grand méchant charbon !


Les prévisions ridicules de l’A.I.E.


Me croirez-vous si je vous dis que dans les débuts de ma carrière (les années 80), l’Agence Internationale de l’Energie considérait le charbon comme une énergie d’avenir ! Peut-être comprendrez-vous alors pourquoi je suis souvent prudent vis-à-vis des prévisions de certaines agences internationales ?

Parmi les principales raisons pour lesquelles l’avenir du charbon semblait si prometteur à cette époque, l’une, invoquée par les producteurs d’électricité, était le retard des programmes de réalisations des centrales nucléaires, comme l’explique ce document publié en 1981 par un certain Jean-Pierre Angelier dans la Revue d'économie industrielle. Cliquez sur l'image ci-dessous pour accéder au document :

 

Néanmoins, la cause la plus connue à l'époque, c’était le choc pétrolier, le baril de brut ne cessant de grimper depuis 1974 ! Cliquez sur l'image ci-dessous pour accéder à l'historique du prix du pétrole :


Le gouvernement (socialiste) de l’époque tenta de relancer l’industrie française du charbon, afin d’amortir les conséquences économiques du choc pétrolier sur le pays. Raison pour laquelle le 14 Novembre 1983, le ministre de l’industrie et de la recherche, M. Laurent Fabius, signa l’arrêté ministériel autorisant Les Charbonnages de France (prestigieuse entreprise française) à prendre une participation dans la limite de 75% et pour un montant maximum de 135MF au capital d’une société à constituer dénommée Société industrielle pour le développement de l’énergie charbon (S.I.D.E.C). Cliquez sur l'image ci-dessous pour accéder au texte officiel :

C’est dans ce cadre gouvernemental que furent lancés de nombreux projets de chaufferies charbon sur les réseaux de chauffage urbain sur lesquels je travaillais. Beaucoup de ces projets virent le jour, comme celui-ci, sur le réseau de chauffage urbain de Lyon Villeurbanne. Cliquez sur l'image ci-dessous pour accéder à l'article qui dort dans les archives du journal Le Monde :

Les années venant, ces coûteuses installations qui avaient fait l’objet de subventions s’arrêtèrent les unes après les autres. L’une d’entre elle que je connais bien, située sur le chauffage urbain de Fontenay-sous-Bois, a même été transformée en chaufferie biomasse, grâce au savoir-faire du responsable de la chaufferie et de ses équipes ! C’est même probablement la seule chaufferie biomasse qui respecte « vraiment » les seuils réglementaires d’émissions, puisque ses systèmes de filtrations sont encore ceux, surdimensionnés, pour la combustion du charbon. Apprenez en effet que la combustion de la biomasse est très délicate en raison des incessantes variations de son pouvoir combustible (le PCI) et que celle du bois est particulièrement polluante... Lire ce vieil article de Transitio : La biomasse sans langue de bois.

Mais ce grand retour du charbon ne dura qu’un temps. Car parallèlement à cette action, le gouvernement français lança la construction d’un important parc nucléaire sur tout le territoire…

Cliquez sur la carte ci-dessous pour accéder à un article intéressant sur le site du journal "Les Echos" :

Depuis, vous l’aurez compris, le charbon, c’est sale et c’est mal ! Et le nucléaire,… c’est propre et c’est bien.


Pour en finir avec le charbon, apprenez tout de même, que depuis le 19ème siècle, les ingénieurs ont un peu appris comment améliorer la combustion du charbon et surtout comment laver les fumées issues de sa combustion. Voir cet article sur le site du Sénat. Restait cependant le problème du CO2 émis massivement par sa combustion. Mais voici qu'une nouvelle génération d'ingénieurs eu l'idée amusante de nourrir des algues ou plutôt des microalgues avec le CO2 des fumées, pour fabriquer du carburant ou des oméga 3 !

 


Les gentilles algues !


Pourquoi "gentilles" ? Mais parce que c'est à elles que nous devons l'oxygène présent dans notre atmosphère ! Si ce n'est pas gentil ça ? Lisez plutôt les explications de François Doré-Deschênes, dans son essai rédigé en 2009, en vue de l’obtention du grade de maître en environnement à l’université de Sherbrooke (Canada) :

« Les microalgues sont des micro-organismes très anciens. Ils ont transformé et oxygéné l’atmosphère terrestre primitive et ils participent encore au maintien de son équilibre chimique. Il existerait au moins 100 000 espèces de microalgues, dont une cinquantaine seulement sont bien connues parmi les 40 000 déjà étudiées. Il reste donc encore un très grand potentiel à explorer. Ces micro-organismes primitifs capturent, concentrent et fixent efficacement l’énergie diffuse de la lumière ou de sources organiques dans la biomasse algale. Cette biomasse peut alors générer divers biocarburants. De plus, les microalgues peuvent aussi produire des substances nutraceutiques rentables, de grandes quantités de protéines et des fertilisants. Les procédés de production de biomasse algale sont variés. Certains procédés peuvent permettre d’absorber le CO2 atmosphérique et les émissions de GES de divers procédés comme celles qui sont issues des centrales au charbon. Leur grande capacité d’épuration d’effluents industriels, municipaux ou agricoles, peut aussi être avantageusement exploitée. »

Vous pouvez télécharger ce document très intéressant en cliquant sur l'image ci-dessous :

Depuis 2011, j’ai vu revenir régulièrement l’évocation de cette technique dans différentes revues techniques professionnels. Une société espagnole, la société BFS, eu sa petite heure de gloire il y a presque une dizaine d’année, avant de disparaître. Voir cet article publié le 7 janvier 2011 sur le site Enerzine.com. Dans le cadre de mon travail, j’ai essayé plusieurs fois, en vain, de proposer ce procédé dans des études que je devais réaliser, comme des plans énergie climat ou des schémas directeurs. J’ai été informé d’un projet à Lyon, puis d’un autre pour une tour à la Défense, mais sans suites. Cliquez sur l'image ci-dessous pour lire l'article concernant la tour du quartier de La Défense à Paris :

 

Plus récemment, j'ai vu qu'un projet d'immeubles dont les façades seraient équipées de ce système était en projet à Paris. Cliquez sur l'image ci-dessous :

Et puis j'ai finalement eu la surprise de découvrir à l'occasion de la rédaction de cet article que le groupe Suez avait enfin mis en service l’an dernier un tel système sur les fumées de l’usine d’incinération de Créteil ! Cliquez sur l'image ci-dessous pour lire l'article sur le site de l'Usine Nouvelle :

 

Considérations et autres digressions... Wink


Il faut parfois beaucoup de temps pour qu’une technique nouvelle se concrétise, le temps de la recherche, celui des tests et puis le temps parfois un peu long, de s’assurer que celle-ci restera bien sous le contrôle des producteurs d’énergie. Ne voyez pas malice à cette considération personnelle. La société fonctionne ainsi. Ce n’est ni bien ni mal. Enfin, pas vraiment...

Je vais vous étonner, mais si l’on y réfléchi bien, avec le recul, on peut se dire que nos décideurs ont peut-être agi pour le moindre mal, en optant soit pour le pétrole, soit pour le charbon, soit même pour le nucléaire, selon les époques et selon les circonstances. (Oups ! Quelques militants ont dû fermer la page !). Certains en effet prétendront que l’idéal eut été de passer aux énergies renouvelables dès le premier choc pétrolier ! Mais ont-ils idée des moyens énormes, aussi bien techniques que financiers, que cela aurait demandé ? Quelle pays eut été en état de porter une telle transition ? A l'exception bien sûr de ceux qui disposaient de sources d'énergies renouvelables importantes, comme par exemple le Danemark qui fit le choix de l'éolien dès le choc pétrolier de 1970. Pourquoi la France, avec ses 19.193 km de cotes maritimes (9ème pays au monde en km de cotes), aurait-elle fait ce choix salvateur, alors qu'elle disposait encore d'une armée coloniale en Afrique lui permettant de disposer des gisements d'uranium du Niger ou du Mali, pour alimenter de magnifiques centrales nucléaires ?

De nos jours, tout le monde ou presque a fini par comprendre que hormis ce fichu charbon dont les réserves restent impressionnantes, toute les autres énergies fossiles, comme le pétrole et le gaz s’épuisent à vu d’œil. Quant au nucléaire, c’est surtout en France que l’on accorde un crédit démesuré à cette énergie qui ne correspond qu’à 4.5% de la consommation énergétique mondiale (autrement dit, à pas grand-chose). On pourrait donc en conclure que le temps est peut-être enfin venu de développer toutes les techniques nouvelles liées aux énergies renouvelables qui dorment dans les cartons depuis un bon moment.

 

 

Là, je digresse vraiment...


On pourrait même recommencer à rêver d’un avenir meilleur ! Mais je doute que ce sera aussi simple à réaliser. Je suis en effet quelque peu inquiet de la montée d'un certain nihilisme malsain, une maladie autrefois réservée aux snobs, à quelques dandys poseurs ou à des marginaux aigris. Ce mal semble gagner toutes les couches de la société. La haine du progrès et la méfiance vis-à-vis des scientifiques se lit partout, ad nauseam.

Il faut être un peu réaliste. En l'état actuel de nos sociétés, contrairement à ce que certains naïfs pensent, ce ne seront pas les solutions utopistes et individuelles de quelques rêveurs (même si ceux-ci ont leur utilité pour la société), qui pourront nous tirer de l'ornière évolutive dans laquelle nous nous sommes enlisés. Nous avons plus que jamais besoins d'ingénieurs et de scientifiques pour développer nombre d'alternatives qui sommeillent depuis longtemps dans les cartons, et pour en développer de nouvelles.

Hélas, les scientifiques et les ingénieurs sont des hommes et des femmes comme les autres, et ils ne sont pas à l'abri des préjugés obscurantistes à l'égard du progrès, qui rongent nos sociétés. Je vais vous donner un exemple très personnel. J'ai connu dans mon travail un brillant jeune ingénieur (végan) qui me soutenait qu'il était plus dangereux pour la santé de manger un œuf que de fumer 5 cigarettes, parce qu'il avait vu l'acteur Jim Carey l'affirmer sur une vidéo de YouTube ! Ce néanmoins sympathique garçon a depuis quitté la profession pour exercer la médecine chinoise. Vous savez, cette pratique folklorique, responsable de la disparition de nombreuses espèces animales, en raison des vertus aphrodisiaques prêtées à certaines parties de leurs anatomies. Savez-vous également que la population de la Chine a quadruplé depuis que ce pays a adopté la médecine occidentale avec ses ringards vaccins et antibiotiques ? Cliquez sur l'image ci-dessous pour mieux comprendre ce que je veux dire :


Le format proposé par ce très modeste site ne me permet pas de développer plus en détail mes réflexions. La plupart de mes articles sont déjà bien trop longs. Le fil conducteur de Transitio, c'est la tentative de prendre de la distance sur les sujets abordés en tentant de penser autrement, parfois en pensant aussi contre moi-même (autant faire se peut). Tout ce qu'on lit partout semble tellement convenu, attendu, prévisible. Cela explique pourquoi je suis tellement préservé vis-à-vis des propos de ces scientifiques qui nous prédisent l'apocalypse. Je ne doute pas de leur sincérité, mais je me suis trop intéressé à l'histoire des sciences et des idées pour ne pas faire des rapprochements avec de précédents égarements.

J’avais déjà évoqué dans un vieil article un peu brouillon, ces chercheurs du CNRS qui étaient devenus membres de la secte du temple solaire ! Je m’étais même étonné que l’Association du Vajra Triomphant (l’ancienne secte du Mandarom) fondée par « sa Sainteté le Seigneur Hamsah Manarah, Messie Cosmo-planétaire », et marqué par diverses affaires judiciaires, soit dirigée par une chercheuse au CNRS, membre du Laboratoire de Physique des Plasmas ! (Je ne donne pas son nom par charité athée ;-). Les scientifiques sont en effet des gens comme les autres ! Ils ne sont pas à l’abri de l’erreur religieuse de la pensée dogmatique. Voltaire l’avait déjà démontré à sa manière, dans l’article sur l’esprit faux, de son dictionnaire philosophique. La meilleure éducation, fusse-t-elle scientifique, peut même servir à justifier nos pires superstitions !

Le dictionnaire philosophique de Voltaire est téléchargeable ici : "Dictionnaire philosophique"
Et l'article sur l'esprit faux se trouve sur mon "blog-notes", ici : "Esprit faux"


Bon, j’arrête là. Du charbon, des algues et des digressions, beaucoup de digressions, vous êtes bien sur Transitio. Wink


Un merci chaleureux si vous êtes arrivés à la fin de cet article un peu spécial...





Mise à jour le Mercredi, 01 Avril 2020 19:09
 

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